Maubeuge : les habitants en colère après un reportage de TF1
lundi 16.11.2009, 18:39 - PAR EMMANUELLE BOBINEAU
Vue du quartier des Provinces-Françaises à Maubeuge stigmatisé par le reportage de TF1. PHOTO LA VOIX
Dimanche soir, les habitants des Provinces-Françaises, un quartier de Maubeuge, ont découvert avec stupeur le reportage qui leur était consacré par TF1 dans l'émission « Sept à huit ». Intitulé « Peur sur la ville », le reportage évoque le climat de terreur qui régnerait dans la « cité » comme ils appellent le quartier.
« Faux, regrette cette jeune femme, aux Provinces depuis 34 ans. Ça alimente la psychose. » Thomas Gueydan, directeur du centre socioculturel, évoque un travail « malhonnête ». Sentiment partagé par de nombreuses personnes, dont Amile, qui habite les Provinces depuis 25 ans : « Ils ont montré ce qu'ils voulaient montrer. »
« Effarée », l'une des employées de la boulangerie ne décolère pas. « À les écouter, on croirait vivre dans le Bronx. Je connais une jeune femme, d'une trentaine d'années, qui vient d'emménager. Ce matin (hier), elle est venue me demander si c'était dangereux de vivre ici. Ses parents l'ont appelée suite au reportage pour lui dire qu'il fallait qu'elle déménage. »
Hier à Maubeuge, la lassitude et l'incompréhension ont pris le pas sur la colère. « Pourquoi on nous prend toujours en grippe ?, se demande cette mère de famille. C'est pas pire qu'ailleurs, il faut arrêter ! ». Thomas Gueydan essaie lui de prendre du recul : « Ça fait sourire, c'est tellement exagéré ! »
Indigné, le maire Rémi Pauvros l'est aussi : « La télé relance le débat sur l'insécurité dans les quartiers. » Ce que n'ont pas manqué de souligner les habitants interrogés hier. « On sait comment fonctionne TF1, tente le directeur du centre social, ils font du sensationnel. »Le maire l'assure, il va envoyer une lettre à la direction de la chaîne pour dire son incompréhension et demander qu'une fois au moins on essaie de parler de la cité du clair de Lune de façon positive, « sans stigmatiser ses habitants ».
Plus de détails dans l'édition de Maubeuge de ce mardi.