Un colloque fondateur pour la route durable.

Publié le par PS-Maubeuge

Rémi Pauvros, vice-président du conseil général du Nord, chargé
des infrastructures.



Un colloque fondateur pour la route durable.

Beau succès mardi pour la présentation de la "démarche HQE route
durable". Plus de 300 personnes, venues de vingt cinq départements, se
sont réunies au grand palais de Lille pour découvrir les ambitions de
cette démarche initiée et portée par le conseil général du Nord.

Le colloque a été l'occasion de se pencher sur le paradoxe de la route
durable : comment est-il possible de penser qu'une route puisse participer
au développement durable ? "La route est l'objet de nombreuses critiques
et il est certain que l'équation de la 'route durable' est difficile à
résoudre, a expliqué Dominique Bidou, président honoraire de
l'association HQE. Mais cette démarche propose une nouvelle façon de
mener les projets et de sortir des contradictions par le haut."

"Par la démarche HQE route durable, nous proposons une autre façon de
voir la route et donc une autre façon de la concevoir", estime Rémi
Pauvros, vice-président du conseil général du Nord chargé des
infrastructures. Les différents ateliers ont permis de constater que la
route durable était déjà très présente dans les initiatives de
chacun, qu'il soit élu, entrepreneur, aménageur, paysagiste, transporte
ur ou logisticien

"Nous n'avons pas la prétention d'inventer toute la matière, assure
José Cohen, directeur général adjoint du conseil général du
Nord. La démarche agrége les initiatives des uns et des autres et
encourage leur dialogue en amont." A l'instar de la démarche HQE du
bâtiment, l'intérêt est de dresser un panorama exhaustif des
éléments de réflexions apprendre en compte dans la conception
d'une infrastructure et de laisser ensuite le maître d'ouvrage prendre
ses responsabilités : hiérarchiser ses critères et choisir en toute
objectivité et en cohérence avec ses orientations politiques.

Vers la certification
Au cours de l'atelier consacré à l'innovation, nombre de produits
présentés (enrobés tièdes, revêtement dépolluant, procédés
de recyclage) permettent l'élaboration d'éco-variantes. Encore
faut-il que les variantes soient autorisées dans les appels d'offre. Un
appel a donc été lancé aux maîtres d'ouvrage pour faire preuve
d'audace et d'ouvrir cette possibilité. En effet, l'actuel codes des
marchés publics n'autorise la proposition d'une variante que si elle
figure explicitement dans les documents de consultation des entreprises.

Maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre et entreprises ont également
souligné l'impérieux besoin d'expérimenter en grandeur réelle.
Besoin qui pose également la question du partage des risques liés à
l'utilisation d'un produit innovant. "La démarche HQE route durable
prévoit bien une relecture et non pas un abandon de la technologie dont
nous disposons", avait d'ailleurs insisté Jacques Roudier, directeur
général du laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC).

"A mon sens, ce colloque est essentiel parce qu'il est un acte fondateur
pour une nouvelle façon d'envisager la route, a lancé en synthèse
Alain Maugard, président du centre scientifique et technique du
bâtiment (CSTB). N'oublions pas qu'aujourd'hui, dans les collectivités
locales, les mêmes services techniques s'occupent de bâtiment et de
route. C'est un décloisonnement nécessaire pour initier une intelligence
d'approche commune et c'est précisément ce dont a besoin la
démarche HQE route durable pour être efficace. Au travers de la
hiérarchisation des cibles et de la définition des critères
prioritaires, ce n'est pas une technocratie qui s'installe mais une
volonté politique qui s'exprime."

L'ambition du conseil général du Nord est désormais de porter
l'amélioration continue de la démarche avec une "version 2" déjà
en préparation et d'évoluer vers la certification. "Nous devons
veiller à la capitalisation des expériences au niveau national,
pourquoi pas en adossant une structure légère à l'assemblée des
départements de France (ADF), a proposé Rémi Pauvros. Ou aller
encore plus loin avec la constitution d'un pôle de compétitivité.

Julien Beideler

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