Marylise Lebranchu à Maubeuge
"ON TOUCHE LE FOND DE L'HUMILIATION FAITE AU PEUPLE FRANCAIS"
En présence de Marcel Dehoux, Jean-Luc Perat et Paul Raoult et de très nombreux militants, Rémi Pauvros et Thomas Depardieu ont accueilli Marylise Lebranchu, ancienne garde des Sceaux, Député du Finistère, Présidente du Forum des territoires.
Introductions de Thomas Depardieu, Marcel Dehoux, Jean-Luc Perat, Paul Raoult et Rémi Pauvros :
Résumé :
Il est vrai, et Marcel Dehoux en témoigne, que le dossier du tribunal d'Avesnes a été porté par Marylise Lebranchu. Il rappelle aussi que ce tribunal a été inauguré par un autre Ministre, qui a évité d'ailleurs de les inviter.
"Nous savons que Marylise a beaucoup fait pour l'arrondissement d'Avesnes. Et si nous avons aujourd'hui un Tribunal c'est grâce à elle"
C'est au tour de Jean Luc Perat de remercier Rémi pour avoir lancé ce débat sur l'aménagement du Territoire, " car ici on sait ce que cela veut dire par rapport à ce que nous attendons depuis de nombreuses années. L'arrondissement d'Avesnes est au cœur de l'Europe, à courtes distances de grandes métropoles et pourtant il y a un paradoxe, notre territoire demande à être fortement aménagé. Je me suis donné comme mission de participer à cet aménagement et nous devons aussi aller plus loin et dépasser les frontières de notre arrondissement. Le Gouvernement à plutôt tendance à déshabiller plutôt qu'à aménager, c'est donc ensemble que nous devons arriver à développer nos projets."
Paul Raoult démontre que la réalité de fond, le chômage, est principalement dû aux "déménagements" que notre région a vécu. Les mécanismes capitalistiques nous conduisent à une ségrégation sociale, territoriale et économique, et le nord vit se drame depuis des années.
Quant à Rémi Pauvros : «nous entrons dans une période particulièrement difficile avec des taux de chômage qui grimpent. L'actualité veut que nous soyons en permanence dans l'urgence. Ici, La responsabilité collective que nous avons, est de faire beaucoup plus, de mettre en œuvre tous nos projets d'aménagement du territoire, de répondre à une attente d'une population qui est une des plus jeunes de France. C'est un combat de tous les jours et Il nous faut ici nous battre contre l'inégalité avec quatre fois moins de moyens que les autres territoires en France. »
Rémi rappelle que dans le grand débat interne du parti socialiste, débat démocratique, la présence et l'activité constante de Marylise Lebranchu à coté de Martine Aubry a été un gage supplémentaire de confiance quant au résultat du congrès.
Marylise LEBRANCHU :
"Un projet de société"
Morceaux choisis :
Depuis le congrès un peu difficile qui nous a permis de nous rassembler, il nous faut préparer un projet de société: on s'est rendu compte, pendant la campagne présidentielle, à quel point nous avions perdu du terrain en France,
Quand nous parlions des libertés publiques et quand nous parlions d'égalité, nous avions perdu cette résonance avec la population, par exemple on n'a pas su porter assez haut la laïcité comme réponse à une forme de violence interethnique, interreligieuse, on n'a pas su mettre toutes nos valeurs au cœur du combat socialiste.
Il faut dire que les fondamentaux de la République, qui passent par l'égalité des citoyens et des territoires, mais aussi par la fraternité et par la liberté, appartiennent à tous et sont sapés petit à petit par Sarkozy depuis qu'il est ministre de l'intérieur, et cela tellement finement que nous socialistes avons perdu pied. Notre volonté et notre courage aujourd'hui est de reprendre pied.
Il faut savoir dire ce que nous ferons quand nous serons au pouvoir. Les valeurs que nous portons se conjuguent pragmatiquement par plus de valeurs entre les citoyens et les territoires.. Il y a donc un énorme travail de projet de société.
"Sarkozy construit une société qui n'est pas accidentellement menée par une crise"
Morceaux choisis :
Sarkozy qui conjugue tous les pouvoirs à lui seul est en train de construire une société qui n'est pas accidentellement menée par une crise. Cette crise est structurelle, c'est une autre forme du capitalisme financier qui n'a comme unique raison d'être que d'avoir un retour sur investissement extrêmement important. Quand on donne un euro et qu'on demande d'en recevoir 12 ou 13 alors que la croissance n'est pas à ces niveaux là, les salaires diminuent, le pouvoir d'achat diminue.
Ici on a besoin d'autre chose, il faut parler de nouvelles formes d'entreprises, il faut parler à nouveau de coopératives, parler d'esprit mutualiste, parler des secteurs marchands, parler d'une économie qui porte nos valeurs et fasse reculer le pouvoir des actionnaires. Car l'actionnaire est irresponsable. Il n'est pas en face du chef d'entreprise, il n'est pas en face des salariés, il n'est pas en face des consommateurs … il n'est pas là s'il y a un accident. Il n'est là que le jour où il exige ses dividendes.
Nous avons construit une société où l'actionnaire est devenu totalement irresponsable face à un système industriel qui s'écroule. Cette crise n'est donc pas un accident de l'histoire, c'est une crise logique d'un système qui a failli et c'est logique.
Nous, nous croyons que face au drame (il est important de rappeler que sur 90 000 licenciements 17 000 sont liés aux plans sociaux, les autres sont des personnes en situation précaire, en CDD, en temps partiel, en intérim) il faut des mesures d'urgences. Il y a des milliards de charges sociales qui ne sont pas versées à ce qui fait la solidarité, nous devons donc arracher des conventions avec chaque entrepreneur pour paliers ces manques, avec des contre-partis aux exonérations de cotisations sociales.
Les salaires en France sont très bas, mais la moyenne a augmentée, cela indique que les salaires les plus élevés ont donc considérablement augmentés.